herbages

Les études BAC

Définition et déroulement

De nombreuses mesures sont réalisées régulièrement sur les captages d’eau potable destinée à la population. Parmi les paramètres mesurés, on retrouve entre autres, les taux de nitrates et de pesticides.

  • dans le cas du paramètre « nitrates », la norme à ne pas dépasser au droit du captage est fixée à 50 mg/l.
  • pour les pesticides, la norme est de 0,1 µg/l.

Les analyses de qualité des eaux sur plusieurs captages du territoire de la Thiérache du Centre montrent une continuelle augmentation des teneurs en nitrates et en pesticides depuis les années 1960, se rapprochant inexorablement de la limite de qualité. De plus, certains de ces captages présentent également des teneurs en pesticides trop élevés (notamment en herbicides).

Afin de lutter contre la dégradation des eaux de leur captage, les collectivités compétentes en eau potable peuvent lancer une étude de Bassin d’Alimentation de Captage appelée communément « étude BAC ».

Il s’agit de mettre en place un programme d’actions (agricoles et non-agricoles) sur le bassin d’alimentation du captage (ou BAC) visant à lutter contre les pollutions diffuses, et notamment les nitrates et les pesticides.

L’étude se déroule en 3 phases :

 

Phase 1 : Délimitation de la surface du BAC

A l’aide de campagnes de mesures piézométriques, on détermine tout d’abord la portion de nappe alimentant le captage. La surface du BAC correspond à la surface du sol alimentant toute la partie de la nappe sollicitée par le captage (voir schéma).
Les BAC peuvent couvrir des superficies importantes, généralement plus vastes que les périmètres de protection réglementaire.

qu est ce qu un bac
 

Phase 2 : Détermination des zones du BAC les plus vulnérables aux pollutions diffuses

Le but de la phase 2 est de localiser les zones du BAC les plus vulnérables et donc prioritaires.
La vulnérabilité d’un aquifère à la pollution est définie comme l’ensemble de ses caractéristiques qui détermine la plus ou moins grande facilité d’accès à ce réservoir et la propagation dans celui-ci d’une substance polluante.
Paramètres principaux pris en compte: pédologie (texture du sol, pente,…) et hydrogéologie.

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Phase 3 : Diagnostic territorial multi-pressions et définition du programme d’actions

Diagnostic non agricole (eaux pluviales, assainissement, activités industrielles, réseau routier,…)
Diagnostic agricole (recensement typologie des exploitations, analyse des pratiques culturales,…)

Quelques exemples d’actions  sur le BAC permettant de diminuer la concentration de nitrates au captage :

  • mise en place de mesures agro-environnementales (réduction ou suppression des intrants, conversion à l’agriculture biologique, création de prairies, haies, talus, ...),
  • amélioration des outils de pilotage de la fertilisation azotée,
  • réalisation de reliquats azotés,
  • mise aux normes de l’assainissement non collectif,
  • sensibilisation des particuliers au désherbage alternatif.

 

DEFINITIONS:
Captage: dispositif de prélèvement d’eau potable
Nappe: volume d’eau souterraine
Aquifère: couche de roches perméables suffisamment conductrice d'eau souterraine pour permettre l'écoulement significatif d'une nappe
Mesures piézométriques: mesures permettant de connaître la hauteur de la nappe

 

Les captages « prioritaires »

Ce sont des captages prioritaires au titre du SDAGE Seine Normandie pour la période 2010-2015.

SDAGE: Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux
Le SDAGE a été institué par la loi sur l'eau de 1992. Le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux est un outil de planification de la politique de l'eau associant tous les acteurs du bassin.

La liste de ces captages prioritaires a été établie par l’Agence de l’Eau Seine Normandie en 2008 selon des critères de sensibilité à la pollution du captage.

Les captages prioritaires sur le territoire de la Thiérache du Centre sont :

  • Captage de Landifay-et-Bertaignemont (problématique nitrates)
  • Captage de Wiège-Faty (problématique nitrates et pesticides)
  • Captage de Le Sourd (problématique nitrates)
  • Captage de Monceau-le-Neuf-et-Faucouzy (problématique nitrates)
  • Captage de Marfontaine (problématique nitrates)
  • Captage de Braye-en-Thiérache (problématique nitrates et pesticides)
  • Captage de Plomion (problématique nitrates et pesticides)

Sur ces captages, il est conseillé de lancer des études BAC dans le cadre de démarches volontaires. C’est d’ailleurs ce qu’ont choisi le syndicat des Eaux de Le Sourd et la commune de Plomion.

 

Les captages « Grenelle »

En 2009, le ministère en charge du Développement durable, de la Santé et de l’Agriculture a publié une liste des « 500 captages Grenelle » parmi les plus menacés en France par les pollutions diffuses, notamment les nitrates et les produits phytosanitaires. Ces captages ont été choisis parmi la liste des captages prioritaires.

Trois critères ont motivé ce choix:

  • État de la ressource vis-à-vis de la pollution par les nitrates ou les pesticides
  • Caractère stratégique de la ressource au vu de la population desservie
  • La volonté de reconquérir certains captages abandonnés

 

Les captages prioritaires devenus « Grenelle » sur le territoire de la Thiérache du Centre sont :

  • Captage de Landifay-et-Bertaignemont (problématique nitrates)
  • Captage de Wiège-Faty (problématique nitrates et pesticides)

Sur ces captages, une étude BAC est imposée par la Loi. En découle un arrêté préfectoral pour un programme d’actions de réduction des teneurs en nitrates et/ou pesticides.

La mise en œuvre de ces programmes d’actions participe aux objectifs de l’article 27 de la loi de programmation relatif à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement du 3 août 2009 (Loi Grenelle I) et peut être rendue obligatoire.

Pour plus d’informations : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/30_06_2009_JLB-RBN-BlM_Identificat_500_captages_Grenelle_cle1f9271-1.pdf